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Le livre et la mer

II
L’histoire du livre et de la mer est racontée par un acteur.
Pendant qu’il rêvait, sa position préférée était toujours celle de l’enfant pas encore née. Il couvrait le visage de sa femme avec l’écharpe bleu qu’il lui avait acheté. Il savait qu’elle adorait le bleu d’autrui. Quant’ à lui, le bleu le suffoquait et le transformait-en inquisiteur. Il l’obligea à rester toute la nuit debout, à la marge du lit, avec l’écharpe qui cachait son visage.
Les feuilles de papier lui tombent par terre en relevant ses genoux. Il se tasse de en plus dans les murs de la chambre. S’enfuir d’elle et du bleu amant ! Il sentait la présence du brun avec les yeux bleus, il le sentait dormant dans l’odeur de sa peau. Il pouvait presque toucher sa pensée à lui ; sa pensée se déshabillait comme une courtisane sur le lit. Il enterre de plus en plus son front rabougri dans le mur. Il a dans ses mains son manuscrit.
Dans le froid mur du nord on attend la mer. Personne ne connait la raison…mais elle est restée prisonnière là bas. Elle écoute encore la mer. Elle attend l’acteur qui s’est noyé dans la mer du mur en lisant leur histoire. Il se tient à l’écart des feuilles. Il aurait voulu jamais la regardée ! Mais, le regard affamé était déjà là, sur son dos, loin, sur sa poitrine, sur ses reins, sur ses lèvres. Il se souvient qu’elle lui disait un jour qu’elle avait l’impression qu’elle était un personnage clos d’un livre ou que quelqu’un la rêvait et que, une fois le livre fermé, ou après le réveil de celui qui la rêvait, elle pourrait partir.
L’acteur du mur dirait qu’il va essayer toujours à éluder son corps et à enterrer son regard en elle tandis qu’elle va trembler chaque fois à son intention de la toucher et au bleu de sa pensée. Peut être elle va lui dire je t’aime, ainsi, comme une satisfaction. Peut être il va la demander si elle l’aime et si elle est amoureuse d’un autre. Peut être elle va décider de l’aimer tout simplement pour néantiser le sentiment de la solitude ontologique.
Il s’approche pour lui donner le manuscrit. C’est son essai sur la conscience, le temps et le néant. Elle se sent nue. N’a pas envie à causer ni avec lui, ni avec l’étranger avec les yeux bleus. Elle se sent nue et regarde désintéressée par l’écharpe bleue un point noir qui est né du mur même par-dessous la tête de son inquisiteur. Elle va l’aimer maintenant. Et pourtant, rien que du bleu, rien que du bleu. Il a envie à manger des pommes vertes.

Le livre et la mer

I
Who’s afraid of Virginia Woolf?

La mer était dans la photo. La mer noire, la mer verte. La mer-femme. Il savait pas qu’il la portait en soi. Il ne savait pas qu’elle s’était cachée comme une pelote de laine dans son sterne, prés du cœur. Pas encore dans le cœur. Il savait pas que, lorsqu’il riait, elle pleurait. Il savait pas que, lorsqu’il baisait autres lèvres, elle le rêvait. Elle lisait des livres. Peut être trop de livres. La vraie vie était le papier. Il aimait la mer. L’homme-océan était amoureux de la mer. De la mer avec l’écume blanche. De la mer femme. Tandis qu’elle…elle n’était pas femme. Elle était un livre. Papier-rayure. Papier-peau.
A mi- nuit il se baigne nu en mer. Il adore la mer. La mer lui pénètre la peau. A l’appel des vagues, elle veut sortir de l’histoire. Parfois, elle croit que la mer se cache dans le mur de sa chambre. Elle colle l’oreille sur le mur -mer pour qu’elle en sorte du mur, pour qu’elle puisse écouter son histoire. Mais, il n’a pas d’histoire. Il est fait de vagues. Vagues, sable et coquillages. Elle le sait et alors, elle se querelle avec Dieu. Elle se querelle avec Dieu pour lui écrire une histoire. Non. Elle se querelle avec soi même pour écrire, elle-même, l’histoire. Elle aurait voulu lui offrir son propre histoire. Son histoire trop longue, son histoire trop large. Son histoire trop histoire. L’histoire dans laquelle est arrivée à s’enchevêtrer.
Il savait pas que sa pensée était son rêve. Elle savait pas que son rêve se trouvait dans le bleu de ses yeux. Il savait pas qu’elle l’appelait.
L’anglais qui n’a jamais entendu de Virginia Woolf ! Le français qui étudiait la littérature anglaise et qui n’a jamais lu Virginia Woolf ! Who’s afraid of Virginia Woolf ?
Elle se promène dans les rues enroulée en noir comme un condamné à mort. Il immerge ses pieds dans le sable. Ses anges font toujours l’amour ! Elle veut courir vers le bleu-amant. La pensée à lui passe par les mots directement sur le papier blanc. Alors, l’histoire recommence.
Dans son mur, on entend rarement le papier. Alors, il la rêve. Il la rêve avec les cheveux salés et les yeux bleus. Il la rêve comme elle n’est pas. Elle le rêve toujours comme il est. Elle lui manque. Et elle a envie de lui. Elle a resté prisonnière dans le papier blanc. Elle le peint parfois en bleu…comme le regard de son amant. Et lui… il s’est perdu pour toujours dans la mer.
Pourtant, elle boit de l’eau salée; il lit les messages enterrés dans les bouteilles que la mer amène à son rocher.

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